Dépendance, alcoolisme et sevrage


Bien plus vite qu’on ne le pense

Selon l’O.M.S, la dépendance ou pharmacodépendance est définie comme un « état psychique et quelquefois également physique résultant de l’interaction entre un organisme vivant et une drogue se caractérisant par des modifications du comportement et par d’autres réactions, qui comprennent toujours une pulsion à prendre la drogue de façon continue ou périodique afin de retrouver ses effets psychiques et quelques fois d’éviter le malaise de sa privation ». Cet état peut ou non s’accompagner de tolérance (adaptation de l’organisme à une substance nécessitant une augmentation des doses pour obtenir un même effet).

 

Qu’elle soit brutale ou progressive, la dépendance est installée quand on ne peut plus se passer de consommer de l’alcool, sous peine de ressentir des souffrances physiques et/ou psychologiques. Ainsi, lorsqu’une personne est dépendante, elle recherche la prise d’alcool de manière périodique ou continue afin de soulager le manque.

Il existe deux types de dépendance :

  • une dépendance psychologique
  • une dépendance physique

Qu’elles soient associées ou non, elles se caractérisent par des symptômes généraux qui sont :

  • l’impossibilité de résister au besoin de consommer ;
  • l’augmentation d’une tension interne, d’une anxiété avant la prise d’alcool habituelle ;
  • le soulagement ressenti lors de la consommation ;
  • le sentiment de perte de contrôle de soi pendant la consommation.

Si vous voulez tester votre dépendance…


La consommation pathologique d’alcool est liée aux effets psychotropes de ce dernier : le plaisir pour beaucoup et la disparition de l’angoisse pour certains. Si l’alcool apaise les tensions, ce n’est que de manière temporaire, d’où la nécessité de renouveler la prise d’alcool, ce qui peut être une voie d’entrée dans la dépendance.

Il existe généralement trois phases successives dans la trajectoire de l’alcoolique :

  1. Une phase asymptomatique qui peut durer plusieurs années et qui est marquée par un début insidieux. Certaines personnes entrent dans l’alcoolisme par des expériences répétitives d’ivresse alors que d’autres augmentent progressivement leur consommation d’alcool dans un contexte où l’ivresse reste rare ou même absente. Les sujets conservent leurs activités professionnelles, sociales et familiales. On n’observe généralement pas de troubles de caractère.
  2. Puis arrive une phase relativement courte où se développe la perte du contrôle de la consommation d’alcool. La personne en abuse de manière régulière, mais n’est pas encore dépendante.
  3. Enfin survient la phase d’alcoolisme proprement dit où apparaissent alors des signes de l’alcoolisation chronique (crampes, tremblements des mains, perte d’appétit…), ainsi que des troubles du comportement et du caractère (jalousie, troubles sexuels, agressivité, dépression, anxiété…). On observe également une aggravation des troubles intellectuels et la personne est marginalisée tant sur le plan professionnel qu’affectif. Durant cette phase, surviennent souvent des complications (cirrhose, cancer…)

Le sevrage


Le sevrage alcoolique est la cessation volontaire ou accidentelle de la prise d’alcool par une personne alcoolique. Le syndrome de sevrage, généralement connu sous le terme « manque », est constitué de manifestations physiques et psychiques liées à l’arrêt de la consommation du produit. Il est le corollaire de l’adaptation de l’organisme aux effets de l’alcool.


La question du sevrage est souvent difficile à aborder pour une personne dépendante. Le sevrage est en effet souvent pressenti comme une période encore plus difficile que la période de dépendance.

Le sevrage physique peut se réaliser en milieu hospitalier ou au domicile de la personne alcoolique. Il est généralement rapide (environ une semaine), mais entraîne parfois des risques de convulsion et de confusion. C’est la raison pour laquelle il est préférable de le réaliser à l’hôpital, mais le sevrage complet chez une personne dépendante de l’alcool est une étape importante et longue dans le parcours de sa maladie. Pour que l’abstinence soit permanente, l’accompagnement (médical, psychologique et familial) doit s’inscrire dans la durée. Ainsi, le travail qui suit le sevrage, se prolonge généralement pendant plusieurs années.

 

Guindaille

La dépendance psychologique

Lorsque la personne alcoolique est privée d’alcool, elle ressent une sensation de malaise, d’angoisse qui peut parfois aller jusqu’à la dépression. Une fois qu’elle a arrêté de boire, la personne peut mettre du temps à s’adapter à sa « nouvelle » vie sans alcool. Cet arrêt modifie ses habitudes, laisse souvent un vide et permet la réapparition d’un mal-être que la consommation visait à supprimer. Ce bouleversement rend les rechutes possibles, et même fréquentes.

La dépendance physique

Certains produits, dont l’alcool, entraînent une dépendance physique : le corps réclame alors le produit à travers des symptômes physiques (douleurs, tremblements, convulsions…) qui traduisent un état de manque et qui peuvent s’accompagner de troubles du comportement et/ou de l’humeur tels que l’anxiété, l’irascibilité, l’angoisse ou l’agitation.

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